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2002-2003 : Le voyage en Normandie

2002-2003 : Le voyage en Normandie
Mercredi 7 mai

Départ à l'heure pour une longue journée de voyage.
Le ton est donné. La projection du film "Il faut sauver le soldat Ryan" nous colle un peu sur notre siège. Nous devons aussi penser que les trajets en bus seront notre lot quotidien l'an prochain (2004) pour aller vers Berlin, Auschwitz, Vienne... La souffrance et les émotions face aux images difficiles également...
L'arrivée à Caen ressemble à celle qui aurait pu avoir lieu dans une autre ville. Cette cité ne dit pas à l'extérieur ce qu'elle contient de souvenirs, de mémoire, mais l'annonce de l'emploi du temps du lendemain raconte déjà ces bouts d'histoire que nous sommes venus chercher.

Jeudi 8 mai


Le Mémorial de la Paix
Lever matinal et marche à pied pour aborder l'immense bâtiment du Mémorial, voisin de quelques centaines de mètres de notre lieu d'hébergement.
Les discussions sont calmes à l'entrée, les prises de photos débutent devant les pierres commémoratives et leurs phrases assassines. Mais l'inscription sobre de la façade ne manque pas d'attirer les regards "la douleur m'a brisée, la fraternité m'a relevée, de ma blessure a jailli un fleuve de liberté". Intemporelle tout autant que provoquant autre chose qu'une simple lecture. La réflexion est en marche. Les interrogations nous submergent. Les réponses seront-elles à l'intérieur de cette enceinte ?

Le groupe restera très solidaire lors des différents temps de la visite. Les souvenirs se fixent dans les boîtes, la tête surtout, même si ce sont les appareils qui s'activent apparemment le plus.
Il faut aller trop vite dans cette descente aux enfers. Notre temps est limité et paradoxalement, les chocs encaissés semblent accélérer encore cette impression d'atrocité ambiante. Pas le temps de respirer, de digérer.
Les images des deux films provoquent cette réflexion "c'est comme si c'était hier !" A peine avant-hier. Tout nous ressemble ici et pourtant cela paraissait inconnu avant d'arriver, même si "on savait".

Le passage obligé vers quelques achats souvenirs prend plusieurs formes. Livres que l'on a vu ailleurs mais pas "sentis", criquets qui symbolisent peut-être une identification à ceux qui résistaient pour ne pas se perdre, images de cette trouée de partout par la violence déchaînée. On ne sort pas indemne de ce retour en arrière.
Le même rythme nous soutient tout l'après-midi. L'avancée le long de la côte rassemble plusieurs découvertes, toutes concrétisant les horreurs entrevues le matin.

# Posté le mardi 23 janvier 2007 04:19

Modifié le mercredi 30 mai 2007 04:51

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